Christine Le Nabour (Cloarec)
Députée de la 5ème Circonscription d'Ille-et-Vilaine

DÉROGATION À L'INTERDICTION DES NÉONICOTINOIDES: POURQUOI JE VOTERAI POUR.

Communiqués de presse / Prises de position

La semaine prochaine, nous allons débattre à l'Assemblée nationale, du Projet de loi autorisant des dérogations à l'interdiction d'utiliser des insecticides néonicotinoïdes, sous certaines conditions. Un texte pour lequel je compte apporter ma voix, et souhaite m'en expliquer au vu du débat qu'il soulève.

 

RAPPELS

Il y a 4 ans, la France a été exemplaire en étant le premier pays au monde à bannir toute une classe d'insecticides agricole. Interdiction qui a pris effet dès septembre 2018. Il eut été souhaitable que celles et ceux qui s'inscrivent sincèrement dans le combat pour la biodiversité saluent cette exception française à l'époque, avec la même énergie que celle employée aujourd'hui pour dénoncer ce qu'ils jugent comme "un retour en arrière".

Avant de porter un tel jugement, il convient de préciser que le gouvernement souhaite réserver ces dérogations à la culture de la betterave, et de rappeler la situation: Le climat de ces derniers mois a favorisé la prolifération des pucerons, répandant des virus qui s'attaquent aux cultures. La jaunisse dont est atteinte la plante de la betterave à sucre entraîne aujourd'hui une perte de rendement allant jusqu'à 50%. Si une dérogation à l'interdiction est aujourd'hui envisagée pour faire face à ce fléau, je rappelle qu'il ne s'agit pas de ré-autoriser la pulvérisation comme cela a pu être dit/écrit, mais de réintroduire pour une période limitée des semences de betteraves enrobées avec des néonicotinoïdes.

 

IL Y A URGENCE !

Oui, je suis consciente du peu d'efforts des producteurs de la filière... Oui, des alternatives existent... La betterave bio semble d'ailleurs beaucoup moins touchée par la jaunisse: une donnée qui doit nourrir une réflexion collective sur le long terme, laquelle la filière devra clairement et rapidement s'emparer. Chacun peut cependant comprendre qu'il n'est pas possible d'accélérer une transition vers le bio au point d'y parvenir en quelques semaines ; De même qu'envisager des alternatives qui prendront de nombreux mois avant de s'imposer comme une solution. Or il y a urgence ! 26.000 producteurs et 45.000 emplois industriels sont concernés. Ne pas y répondre, c'est aussi courir le risque de devoir importer du sucre issu d'une betterave dont la culture n'aura pas été aussi vertueuse que la France l'impose.

Au delà de la question de souveraineté alimentaire que ce débat soulève, rappelons que la betterave est présente dans l'éthanol, composant de biocarburants qui rendent nos mobilités plus vertes: pas inutile dans la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Ce nouveau débat confirme l'urgence de sortir de la logique manichéenne dans laquelle certains représentants de l'écologie politique ont enfermé le sujet environnemental ces dernières années. Je juge cette approche totalement contre productive: nous ne parviendrons pas à entraîner une majorité de la population en réduisant l'écologie à ce genre de signaux. En intelligence et collectivement, oeuvrons à l'accélération d'une transition dont nous mesurons tous la nécessité. Le vote de ce Projet de loi permettra de réaffirmer cette exigence qui doit mobiliser l'ensemble des acteurs.


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