Santé mentale des jeunes : quels soutiens ?

Santé mentale des jeunes : quels soutiens ? · Christine Le Nabour députée d'Ille-et Vilaine

Santé mentale des jeunes : quels soutiens ?

Santé mentale des jeunes : quels soutiens ?

(Article mis en ligne le 26.06.2026)

 

Ces dernières années, la situation quant à la santé mentale des jeunes est interrogée, mise en lumière notamment par la crise liée à la Covid-19. Périodes majeures dans la construction de la vie sociale, professionnelle et affective, l’adolescence et l’entrée dans l’âge adulte sont caractrisées par des changements physiologiques et affectifs. L’enjeu est tel que le Gouvernement a fait de la santé mentale la "Grande Cause Nationale" en 2025 et 2026. Pour y répondre, plusieurs dispositions ont été prises afin d’ouvrir le sujet de la santé mentale qui est longtemps resté tabou. On fait le point !

 

 

Les constats :

Santé mentale des jeunes : quels soutiens ? On fait le point.

L’adolescence est une phase de transition à la fois physique, psychologique, sociale et identitaire, marquée par de nombreux bouleversements et défis auxquels doivent faire face les jeunes (changements hormonaux et physiques, construction de l’identité, évolution de la vie affective, pression scolaire, orientation professionnelle, ..).

 

Les chiffres clés sur la santé mentale des jeunes :
  • 14 % des collégiens et 15 % des lycéens présentent un risque important de dépression.
  • Plus de 50 % des élèves de collèges et lycées présentent des plaintes psychologiques ou somatiques (liées au corps) hebdomadaires (difficultés à s’endormir, nervosité, irritabilité, mal de dos...).
  • Près de 936 000 jeunes ont bénéficié d’un remboursement de psychotrope en 2023, soit +18 % par rapport à 2019.
  • Plusieurs jeunes âgés entre 15 et 25 ans déclarent avoir une relation nocive, voire toxique, avec leur téléphone portable : 38 % se déclarent addicts et 34 % décrivent leur relation comme négative.
Troubles de santé mentale les plus fréquents chez les jeunes :
  • Dépression : perte de plaisir ou de motivation, idées noires, insomnie, ...
  • Troubles anxieux : peur ou anxiété face à des situations de la vie quotidienne qui deviennent trop intenses.
  • Troubles des conduites alimentaires : anorexie ou boulimie.
  • Troubles addictifs : usage abusif de substances, comportements compulsifs avec les jeux d’argent ou jeux vidéo qui ont des répercussions sur la vie quotidienne.
  • Troubles schizophréniques : désorganisation de la personnalité et des pensées, peuvent entraîner un isolement ou un décrochage scolaire.
  • Blessures volontaires : scarifications.
Des améliorations cependant à noter :
  • La majorité des jeunes se perçoit globalement en bonne ou excellente santé avec un bon niveau de bien-être mental, hausse de 11 points chez les collégiens et de 12 points chez les lycéens par rapport à 2022.
  • 15 % des collégiens et 20 % des lycéens déclarent ressentir un sentiment de solitude en 2024 contre 21 % et 27 % en 2022.
  • 20% des lycéens déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois, soit une baisse de 4 points par rapport à 2022.

 

Quels dispositifs pour venir en aide aux jeunes :

Des lignes d’écoute
  • Numéro national de prévention du suicide 3114.
  • Numéro national 3018 sur les pratiques numériques et risques associés.
  • Numéro vert et tchat "Fil Santé Jeunes" (0 800 235 236).
  • Services d’écoute et d’accompagnement Cnaé (0 800 737 800)
Des lieux d’accueil
  • Maisons des adolescents
  • Points accueil-écoute Jeunes (PAEJ)
  • Espaces santé jeunes
  • Consultations jeunes consommateurs (CJC)
Des professionnels
  • Professionnels de santé
  • Psychologues
  • Dispositif Vigimental (en Ille-et-Vilaine, mis en place grace au Conseil Territorial en Santé - CTS Haute Bretagne)

 

Les signaux d’alerte auxquels il faut être attentif :

  • Isolement
  • Perte d’intérêt
  • Troubles du sommeil
  • Repli sur soi
  • Changement brutal de comportement
  • Idées noires, scarifications
  • Décrochage scolaire

 

Les évolutions législatives au fil du temps :

  • 2018 : Lancement de la feuille de route "Psychiatrie et santé mentale 2018-2026", première stratégie nationale structurée sur la santé mentale (prévention, amélioration de l'accès aux soins, renforcement de la pédopsychiatrie, lutte contre la stigmatisation).
  • 2019/2020 : Développement des premiers secours en santé mentale et déploiement progressif des formations destinées aux enseignants, éducateurs, étudiants et professionnels de terrain (objectif de mieux repérer les jeunes en souffrance psychique avant l'apparition de troubles sévères).
  • 2022 : Création du dispositif "Mon Soutien Psy", avec le remboursement de séances chez les psychologues conventionnés.
  • 2023 : Renforcement de la santé mentale étudiante, dispositifs d'écoute psychologique dans les universités.
  • 2025/2026 : Santé mentale déclarée « Grande cause nationale » (campagnes de sensibilisation, prévention dans les établissements scolaires, amélioration de l'accès aux psychologues, développement du repérage précoce, soutien aux familles et aux jeunes).

 

 


Sources : solidarités.gouv.fr ; info.gouv.fr ; Fondation Fondamental ; Santé Publique France